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Nos produits dénoués : le bilan chiffré

Le bilan transparent des produits structurés arrivés à terme dans notre livre : rendements constatés, durées réelles, méthodologie et limites de lecture.

Par Rémy Loneux · 1 novembre 2026 · 7 min de lecture

Nos produits dénoués : le bilan chiffré

Ce bilan de produits structurés porte sur les dix-huit produits de notre livre qui se sont dénoués et ont été clôturés. Il est publié pour ce qu'il permet de comprendre d'une méthode, pas pour ce qu'il affiche : son échantillon est réduit, sa période est courte, et il ne permet aucune extrapolation.

Le périmètre exact, avant les chiffres

Un bilan ne vaut que par la définition de son périmètre, et celui-ci doit être posé avant toute lecture. Notre livre compte soixante-dix produits construits ou souscrits depuis 2023. Leur répartition par statut est la suivante : quarante-quatre sont en cours de vie et suivis, dix-huit ont été rappelés et clôturés, trois sont en commercialisation, cinq restent à créer.

Ce bilan ne porte que sur les dix-huit produits clôturés. C'est un sous-ensemble, pas un état du livre. Les quarante-quatre produits encore en vie n'y figurent pas, et leur dénouement est inconnu à ce jour. Ce point est traité plus loin, parce qu'il conditionne tout le reste.

70Produits au livre depuis 2023
18Dénoués et clôturés
44En cours de vie, dénouement inconnu
12,1 %Médiane des rendements constatés sur les 18

Les chiffres constatés sur les produits clôturés

Sur ces dix-huit produits, les durées de vie effectives se sont concentrées sur un an. Seize ont été rappelés à leur première date d'observation annuelle, à douze mois. Un a été rappelé à dix-huit mois, un autre à vingt-et-un mois. Les rendements annuels réellement constatés se sont étagés de 9,2 % à 22,31 %, avec une médiane autour de 12,1 %.

Ces rendements sont des constats, pas des promesses, et deux rappels les accompagnent indissociablement. Ils étaient conditionnels jusqu'au dernier jour : chacun supposait que le sous-jacent remplisse la condition prévue à la date d'observation, et aucun n'était acquis avant ce relevé. Ils étaient également soumis, pendant toute la durée du produit, à la solvabilité de la banque émettrice : un défaut d'émetteur aurait pu annuler le bénéfice d'une condition de marché pourtant remplie. Cette dépendance ne disparaît qu'au remboursement effectif.

Durée de vie effective des dix-huit produits dénoués et clôturés
Durée écoulée avant rappelNombre de produitsLecture
12 mois16Rappel à la première date d'observation annuelle
18 mois1Rappel à une observation semestrielle ultérieure
21 mois1Rappel après deux observations manquées
Total18Sur soixante-dix produits au livre

La concentration sur douze mois est le point du tableau qui demande une explication, et elle tient davantage au contexte qu'à la construction. Un produit à barrière de rappel initiale proche de 100 % se rappelle dès la première observation si le sous-jacent est au moins stable. Sur la période considérée, il l'a été dans la très grande majorité des cas. Ce même mécanisme, dans un marché orienté à la baisse, aurait produit des durées de vie beaucoup plus longues, et c'est exactement ce que la dégressivité de la barrière est conçue pour absorber.

Première limite de lecture : la période

Les dix-huit dénouements observés se sont produits entre 2023 et 2026. C'est une fenêtre de trois ans, et cette brièveté est une limite majeure, pas une précision secondaire.

Les années 2024 et 2025 ont été inhabituellement porteuses pour les actions européennes et les indices sectoriels qui servent de sous-jacents à la plupart de ces produits. Dans un tel contexte, un mécanisme de rappel conditionnel se déclenche souvent, et tôt. Le résultat observé mesure donc d'abord le marché de cette période, et seulement ensuite la construction des produits.

Aucun de ces dix-huit produits n'a traversé un marché baissier durable. Aucun n'a été mis à l'épreuve d'un scénario où la barrière de protection du capital serait approchée à l'échéance. Un échantillon qui ne contient pas ce scénario ne dit rien de ce qui se passerait s'il survenait, et il serait trompeur de le présenter autrement. Les performances passées ne présagent pas des performances futures, et un bilan établi sur une seule phase de marché l'illustre plutôt qu'il ne le contredit.

Ce que la période implique

Les mêmes dix-huit produits, souscrits trois ans plus tôt ou trois ans plus tard, auraient produit un tableau différent. Le fait que tous se soient dénoués favorablement ne présage en rien du dénouement des produits suivants, et ne constitue pas une caractéristique de la méthode : c'est l'intersection d'une méthode et d'une fenêtre de marché.

Deuxième limite : l'échantillon et le biais de survie inversé

Dix-huit observations ne font pas une statistique. Sur un tel effectif, un seul produit atypique déplace la médiane de façon visible, et les bornes de la fourchette — de 9,2 % à 22,31 % — décrivent deux produits individuels, pas une distribution.

Une autre limite, plus structurelle, est pourtant ailleurs, et elle porte un nom. Un bilan de produits dénoués souffre d'un biais de survie inversé : les produits qui sortent vite sont ceux dont la condition de rappel a été remplie, donc ceux qui ont bien fonctionné. Ils y entrent précisément parce qu'ils se sont dénoués. Les produits dont le sous-jacent s'est mal comporté ne sortent pas : ils restent en vie, année après année, et demeurent dans les quarante-quatre lignes en suivi.

Autrement dit, la sélection n'est pas neutre. Un relevé des produits clôturés est structurellement celui des produits qui ont réussi tôt. Les quarante-quatre produits encore en vie peuvent se dénouer favorablement, aller à leur échéance maximale, ou franchir leur barrière de protection et entraîner une perte en capital. Leur sort est inconnu, et il ne figure dans aucun chiffre de cette page. Un bilan sincère de ces soixante-dix produits ne pourra être établi qu'une fois le dernier d'entre eux arrivé à son terme.

Il en découle qu'aucune extrapolation n'est possible. Ni un rendement attendu, ni une durée de vie moyenne, ni une probabilité de rappel ne peuvent être déduits de ce bilan. Les chiffres décrivent dix-huit cas achevés dans une fenêtre donnée. Ils ne décrivent rien d'autre.

Les quatre réserves, ensemble

Période de trois ans seulement. Contexte de marché favorable sur une large partie de cette période. Échantillon de dix-huit observations. Sélection biaisée par le mécanisme même du rappel. Chacune de ces quatre réserves suffirait à interdire une projection ; elles se cumulent.

Pourquoi nous publions ce bilan

Ce bilan n'est pas un argument de vente, et il serait à la fois malhonnête et imprudent de l'utiliser comme tel. Il ne décrit pas un savoir-faire supérieur, il ne prédit aucun résultat futur, et il ne constitue en aucun cas une recommandation d'investissement, ni générale ni personnalisée.

Nous le publions parce que la transparence sur une méthode vaut mieux que le silence. Un cabinet qui parle de produits structurés sans jamais dire combien il en a au livre, combien se sont dénoués, à quelle échéance et dans quel contexte, demande au lecteur de le croire sur parole. Donner ces chiffres avec leurs limites permet au contraire de juger la cohérence entre ce que nous expliquons et ce que nous faisons.

Ce qui se transmet d'un bilan de produits structurés n'est donc pas un résultat, c'est une discipline de construction : la distribution des indicateurs de risque entre capital garanti et capital protégé, la répartition du risque de contrepartie entre neuf banques émettrices sans qu'aucune dépasse douze lignes sur soixante-dix, le choix des sous-jacents, le niveau des barrières. Ces éléments-là sont reproductibles. Les rendements constatés ne le sont pas.

Pour chacun des produits cités, nous détenons le term sheet et le KID. Nous les avons analysés avant souscription, nous les avons remis aux clients concernés, et ils restent disponibles pour eux. Ces documents ne sont pas publiés en ligne et ne le seront pas : ce sont des pièces de souscription, soumises à des règles de diffusion propres, et aucun nom commercial ni code d'identification de produit ne figure sur ce site.

Comment lire un bilan de produits structurés

Si un bilan de ce type vous est présenté, par nous ou par quiconque, trois vérifications suffisent à en mesurer la portée.

  1. Le dénominateur est-il donné ?

    Un bilan qui annonce des produits dénoués sans dire combien de produits sont encore en vie est inexploitable. La proportion compte autant que les résultats : ici, dix-huit clôturés pour quarante-quatre en suivi.

  2. La période est-elle qualifiée ?

    Un résultat obtenu sur une phase de hausse ne se compare pas à un résultat obtenu sur un cycle complet. Sans datation ni description du contexte, les chiffres ne sont pas interprétables.

  3. Les rendements sont-ils présentés comme conditionnels ?

    Tout rendement affiché sur ce type de produit l'était sous condition de marché et sous réserve de la solvabilité de l'émetteur. Une présentation qui l'oublie donne des taux pour des acquis, ce qu'ils n'ont jamais été.

Le critère de décision n'est pas dans ces chiffres. Il est dans la question de savoir si vous acceptez, pour la part de votre patrimoine concernée, un risque de perte en capital au-delà de la barrière, un risque de défaut d'émetteur, une durée réelle incertaine et une liquidité de marché en cours de vie. Le guide d'ensemble de la classe d'actifs traite ces quatre points, la part de portefeuille à y consacrer se raisonne séparément, et le risque de contrepartie se traite par la diversification des émetteurs, jamais par la qualité du mécanisme.

Ce qu’il faut retenir sur la portée de cet article

Cet article a une portée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation portant sur un instrument financier déterminé, ni une offre de souscription. Les produits structurés présentent un risque de perte en capital au-delà de leur barrière de protection et un risque de défaut de l’émetteur. Les rendements évoqués sont conditionnels et soumis à la solvabilité de l’émetteur. Les documents précontractuels et contractuels des produits ne sont pas diffusés sur ce site : le cabinet les détient, les analyse avant toute souscription et les transmet à ses clients.

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Réponse générée automatiquement à partir de cet article. Elle ne constitue ni un conseil personnalisé ni une recommandation d’investissement.

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