Le plafond d'épargne retraite limite ce qu'un foyer peut déduire au titre d'un PER. Il se calcule sur les revenus professionnels de l'année précédente et sur une référence sociale, avec un plancher qui s'applique même en l'absence de revenu d'activité. Pour les versements de 2026, il s'établit au plus à 37 680 €.
La formule de calcul
L'article 163 quatervicies du code général des impôts fixe la limite annuelle de déduction par membre du foyer fiscal. Elle correspond à 10 % des revenus d'activité professionnelle de l'année précédente, ces revenus étant retenus dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de cette même année précédente. Lorsque ce calcul donne un résultat inférieur à 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, c'est ce dernier montant qui s'applique : il constitue le plancher.
De ce montant se soustraient les cotisations de retraite déjà déduites par ailleurs : cotisations obligatoires d'un régime supplémentaire d'entreprise, cotisations de type Madelin pour un travailleur non salarié, abondement de l'employeur sur un plan d'épargne retraite collectif. Le plafond d'épargne retraite est donc un solde, non un montant brut.
Deux conséquences découlent de cette construction, et elles vont dans des sens opposés. La limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale écrête les revenus élevés : au-delà de ce niveau, un revenu professionnel supplémentaire n'ouvre plus aucun droit à déduction. Un dirigeant rémunéré bien au-delà de ce seuil dispose du même plafond qu'un dirigeant situé juste en dessous. La soustraction des autres cotisations, elle, réduit le solde disponible : un travailleur non salarié qui cotise déjà fortement sur un contrat de retraite déductible peut constater un plafond d'épargne retraite très inférieur à 10 % de ses revenus, sans que rien dans sa déclaration ne le signale explicitement.
Les montants applicables, et celui qui circule à tort
Le plafond annuel de la Sécurité sociale sert de référence avec un décalage d'un an : ce sont les revenus et le plafond de l'année N-1 qui déterminent la limite des versements de l'année N. Le plafond annuel de la Sécurité sociale s'établissait à 47 100 € en 2025.
| Année du versement | Base de calcul | Plancher | Plafond |
|---|---|---|---|
| 2025 | Revenus 2024, plafond Sécurité sociale 2024 | 4 637 € | 37 094 € |
| 2026 | Revenus 2025, plafond Sécurité sociale 2025 | 4 710 € | 37 680 € |
De nombreuses publications présentent 38 448 € comme le plafond d'épargne retraite applicable aux versements de 2026. Ce montant correspond à 10 % de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de 2026 : par construction, il ne concerne pas les versements effectués en 2026, mais ceux d'une année postérieure. Un versement calibré sur ce chiffre avant le 31 décembre 2026 dépasse le plafond disponible, et le dépassement n'est ni déductible ni reportable.
Le plancher, et les situations où il devient le seul plafond
Le plancher s'applique dès que 10 % des revenus professionnels de l'année précédente lui sont inférieurs. Il joue donc pour les revenus d'activité modestes, mais aussi — et c'est le point le plus souvent omis — en l'absence totale de revenu d'activité. Un retraité, une personne titulaire d'une pension d'invalidité ou un contribuable sans activité professionnelle au cours de l'année de référence conservent un droit à déduction égal au plancher.
Cette règle a une portée pratique réelle pour un dirigeant qui cesse son activité, ou pour le conjoint sans activité d'un couple soumis à imposition commune : le plafond ne tombe pas à zéro. Il se limite au plancher, et ce plancher est mutualisable.
Un plafond par personne, pas par foyer
La limite s'apprécie individuellement, pour chaque membre du foyer fiscal. Deux conjoints disposent donc de deux plafonds distincts, calculés chacun sur ses propres revenus professionnels de l'année précédente.
Ces deux plafonds restent séparés par défaut : le versement de l'un ne peut pas s'imputer sur la limite de l'autre. Les couples soumis à imposition commune peuvent toutefois demander à additionner leurs limites, par une option à exercer sur la déclaration de revenus. Le mécanisme, ses conditions et les cas où il change réellement la donne sont détaillés dans notre article sur la mutualisation des plafonds entre conjoints.
Où lire son plafond d'épargne retraite disponible
Le plafond d'épargne retraite figure sur l'avis d'impôt, dans une rubrique dédiée, avec le détail des années concernées. C'est la seule source à utiliser, pour une raison simple : le montant indiqué intègre déjà les soustractions liées aux autres cotisations de retraite déduites, que personne ne reconstitue correctement de mémoire.
Deux vérifications s'imposent à la lecture. La première porte sur l'année : l'avis indique le plafond applicable aux versements de l'année en cours, pas celui de l'année écoulée. La seconde porte sur le périmètre : lorsque plusieurs plafonds apparaissent, ils correspondent à des années différentes et à des membres du foyer différents. Les sommes ne s'additionnent pas toutes librement.
- Relever le plafond de l'année en cours
C'est celui qui s'applique aux versements à effectuer avant le 31 décembre.
- Relever les plafonds des années antérieures non consommés
Ils restent utilisables pendant un nombre d'années déterminé et viennent s'ajouter au plafond de l'année.
- Vérifier l'ordre d'imputation
Les versements s'imputent d'abord sur le plafond de l'année, puis sur les plafonds antérieurs en commençant par les plus anciens.
- Vérifier le périmètre du foyer
Sans option de mutualisation, chaque plafond ne peut servir qu'aux versements de la personne à laquelle il se rattache.
Le fonctionnement et la durée du report sont traités dans notre article sur les plafonds non utilisés et leur report, qui intègre le changement apporté par la loi de finances pour 2026.
Ce que le plafond ne dit pas
Un plafond élevé ne constitue pas une raison de verser. Le plafond mesure une capacité de déduction, il ne mesure ni l'intérêt du versement ni sa soutenabilité. Trois éléments restent à examiner séparément.
Le premier est la tranche marginale : le gain de la déduction lui est proportionnel, comme l'explique notre article sur la déduction des versements sur un PER. Le deuxième est l'imposition à la sortie, qui reprend la part versements au barème progressif sans l'abattement de 10 % applicable aux pensions. Le troisième est la liquidité : les sommes versées sont indisponibles jusqu'au départ en retraite, hors cas de déblocage limitativement énumérés, et saturer son plafond revient à immobiliser durablement une fraction importante de son épargne.
Le cas d'un professionnel libéral, dont les revenus varient d'une année sur l'autre et dont le plafond suit ces variations avec un an de décalage, est traité dans notre article consacré à une profession libérale et son plafond d'épargne retraite. Et parce que le plafond d'épargne retraite est entièrement distinct du plafonnement global des avantages fiscaux de 10 000 €, les deux limites se cumulent sans jamais se rencontrer : notre guide complet de la défiscalisation situe cette particularité par rapport aux autres leviers disponibles.
La règle de lecture
Le plafond d'épargne retraite se lit toujours dans le bon sens : il part des revenus de l'année précédente, pas de ceux de l'année en cours. Un dirigeant qui vient de réaliser une année exceptionnelle dispose d'un plafond calculé sur une année ordinaire, et inversement. Cette inertie d'un an est la donnée la moins intuitive du dispositif et celle qui provoque le plus d'erreurs de calibrage en décembre.
Ce que nous regardons dans un dossier est donc moins le plafond de l'année que la trajectoire : le plafond disponible aujourd'hui, celui qui se formera l'an prochain compte tenu des revenus en cours, et les reliquats encore utilisables. Les montants cités ici sont ceux en vigueur à l'automne 2026 ; les limites de déduction, comme le traitement fiscal du plan, dépendent de la situation de chacun et sont susceptibles d'évoluer d'une année sur l'autre.
Cet article a une portée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation portant sur un instrument financier déterminé, ni une offre de souscription. Les produits structurés présentent un risque de perte en capital au-delà de leur barrière de protection et un risque de défaut de l’émetteur. Les rendements évoqués sont conditionnels et soumis à la solvabilité de l’émetteur. Les documents précontractuels et contractuels des produits ne sont pas diffusés sur ce site : le cabinet les détient, les analyse avant toute souscription et les transmet à ses clients.