L’essentiel en 30 secondes
- Un rachat contient du capital (non imposé) et des gains (imposés), dans la même proportion que le contrat.
- Formule : gains imposables = rachat × (valeur du contrat − primes versées) ÷ valeur du contrat.
- Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple) s'applique aux gains, avant impôt sur le revenu à 7,5 % ; les prélèvements sociaux de 17,2 % portent sur tous les gains.
- Avant 8 ans : 12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, sans abattement.
- Étaler les rachats d'une année sur l'autre permet souvent de rester sous l'abattement.
Vous voulez retirer 20 000 € de votre contrat : combien d'impôt allez-vous payer ? La réponse tient en une formule, et elle surprend souvent. Lors d'un rachat partiel en assurance vie, la fiscalité ne porte jamais sur la somme retirée, mais sur la fraction de gains qu'elle contient. Cette fraction est la même pour chaque euro retiré, quel que soit le montant du rachat.
Voici la formule, trois exemples chiffrés (avant 8 ans, après 8 ans, en couple) et la méthode pour étaler vos rachats afin de rester sous l'abattement. Les règles sont celles en vigueur en 2026 pour des primes versées depuis le 27 septembre 2017.
La formule de la part de gains
Selon le BOFiP, le produit imposable d'un rachat partiel est égal au montant du rachat, diminué de la fraction de primes qu'il contient : total des primes versées, multiplié par le rapport entre le rachat et la valeur du contrat. En version simple :
part de gains = (valeur du contrat − primes versées) ÷ valeur du contrat
Vous multipliez ensuite cette part par le montant racheté. Le BOFiP donne un exemple officiel : prime de 15 245 €, valeur de 18 294 €, rachat de 6 098 € ; le rachat contient 5 081,67 € de capital et 1 016,33 € de gains.
Une conséquence qui échappe à beaucoup : retirer de l'argent ne consomme pas d'abord vos primes. Dans un contrat qui a beaucoup progressé, chaque rachat est « chargé » de gains dès le premier euro. Selon l'administration, l'assureur calcule cette part lui-même et vous l'indique sur l'imprimé fiscal unique (IFU).
Les règles de taxation en 2026
D'après impots.gouv.fr et Economie.gouv.fr, pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017 :
| Moins de 8 ans | 8 ans et plus | |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu sur les gains | 12,8 % | 7,5 % (primes jusqu'à 150 000 €), 12,8 % au-delà |
| Abattement annuel | Aucun | 4 600 € ou 9 200 € (couple) |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 17,2 % |
| Acompte retenu par l'assureur | 12,8 % | 7,5 % |
Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % pour l'assurance vie en 2026, alors que les revenus de placement en général sont passés à 18,6 %, selon Service-Public. Ils s'appliquent à la totalité des gains, avant abattement. Pour le panorama complet des taux et du seuil de 150 000 €, voir le guide de la fiscalité de l'assurance vie après 8 ans.
Trois exemples chiffrés
Cas illustratifs, un seul contrat, primes versées après le 27 septembre 2017 et inférieures à 150 000 €. Le seuil de 150 000 € pour un couple et le calcul exact au-delà de ce montant de primes se vérifient auprès de l'assureur ; à creuser au cas par cas, avec nous en rendez-vous ou avec votre fiscaliste.
| Avant 8 ans | Après 8 ans (seul) | Après 8 ans (couple) | |
|---|---|---|---|
| Valeur du contrat | 60 000 € | 120 000 € | 240 000 € |
| Primes versées | 50 000 € | 100 000 € | 140 000 € |
| Rachat | 12 000 € | 30 000 € | 48 000 € |
| Part de gains | 16,7 % | 16,7 % | 41,7 % |
| Gains rachetés | 2 000 € | 5 000 € | 20 000 € |
| Abattement | 0 € | 4 600 € | 9 200 € |
| Impôt sur le revenu | 256 € (12,8 %) | 30 € (7,5 % sur 400 €) | 810 € (7,5 % sur 10 800 €) |
| Prélèvements sociaux (17,2 %) | 344 € | 860 € | 3 440 € |
| Total | 600 € | 890 € | 4 250 € |
| Poids sur les gains | 30 % | 17,8 % | 21,3 % |
Dans le deuxième cas, l'assureur retient à la source 375 € (7,5 % de 5 000 €) : à la déclaration, l'impôt réel n'étant que de 30 €, la différence de 345 € vous est restituée, comme le précise l'administration. C'est un mécanisme d'acompte, pas une taxation définitive.
Étaler ses rachats pour rester sous l'abattement
L'abattement de 4 600 € (ou 9 200 €) est annuel. D'après le BOFiP, il est accordé une fois par an et ne se reporte pas : ce qui n'est pas utilisé est perdu. Il s'applique à l'ensemble des contrats du foyer fiscal.
Pour calculer le rachat « sans impôt sur le revenu », divisez l'abattement par la part de gains de votre contrat :
rachat maximal sans impôt = abattement ÷ part de gains
Cas illustratif : contrat de plus de 8 ans valant 150 000 €, dont 105 000 € de primes. La part de gains est de 30 %.
- Personne seule : 4 600 ÷ 0,30 = environ 15 333 € par an.
- Couple : 9 200 ÷ 0,30 = environ 30 667 € par an.
En retirant 15 000 € par an pendant trois ans plutôt que 45 000 € en une fois, une personne seule paie 0 € d'impôt sur le revenu chaque année (4 500 € de gains, sous l'abattement), contre 667,50 € en un seul rachat (13 500 € de gains, 8 900 € après abattement, à 7,5 %). Les prélèvements sociaux sont identiques dans les deux cas : 2 322 € au total (774 € par an en étalant). Ce calcul suppose une part de gains stable ; en réalité, elle évolue avec les marchés.
Une précision utile : les prélèvements sociaux, eux, sont dus quoi qu'il arrive. L'étalement ne les réduit pas, il supprime seulement l'impôt sur le revenu.
Comment c'est déclaré
L'assureur transmet un imprimé fiscal unique (IFU) à l'administration et à vous. Selon Service-Public, les gains se déclarent dans la déclaration de revenus à partir de cet IFU, et il faut corriger les montants préremplis s'ils sont inexacts. Vous pouvez opter pour le barème progressif (case 2OP, option expresse, globale et irrévocable pour l'année) ; l'abattement des primes antérieures au 27 septembre 2017 se déclare ligne 2DH, d'après impots.gouv.fr. Je ne détaille pas ici les cases propres à chaque situation : la notice de la déclaration de l'année les précise.
Ma lecture
Ce que je constate dans la pratique : on traite le rachat comme un geste ponctuel, alors que c'est un calendrier. Mon réflexe est de poser une question avant le montant : « sur combien d'années puis-je étaler ce besoin ? » Un projet à 60 000 € dans trois ans se finance mieux avec trois rachats de 20 000 € qu'avec un seul de 60 000 €.
Je garde aussi une règle de prudence : je ne rachète jamais un contrat de plus de 8 ans pour le seul plaisir d'utiliser l'abattement si l'argent n'a aucun usage. Un rachat sort des capitaux de l'enveloppe, et la fiscalité future de la transmission ne se reconstitue pas. Sur ce point, lisez l'article sur la clause bénéficiaire avant de réduire un contrat, et celui sur les articles 990 I et 757 B pour mesurer ce que vous retirez de la transmission.
Les erreurs à éviter
- Calculer l'impôt sur le montant retiré. C'est sur la part de gains, au prorata, que l'impôt se calcule.
- Laisser filer l'abattement. Non reporté, il est perdu chaque 31 décembre.
- Oublier les prélèvements sociaux. L'abattement ne les concerne pas.
- Racheter juste avant 8 ans. Quelques semaines d'attente peuvent faire passer le taux de 12,8 % à 7,5 % avec abattement.
- Faire un rachat total par réflexe. Il concentre tous les gains sur une seule année et met fin à l'ancienneté du contrat.
FAQ
Comment calculer l'impôt sur un rachat partiel d'assurance vie ?
Calculez la part de gains du contrat (valeur moins primes, divisée par la valeur), multipliez-la par le montant racheté, puis appliquez le taux d'imposition (12,8 % avant 8 ans, 7,5 % après avec abattement) et 17,2 % de prélèvements sociaux. L'assureur effectue ce calcul sur l'IFU.
Le rachat partiel est-il imposé sur le capital retiré ?
Non. Seule la fraction de gains contenue dans le rachat est imposable. Le capital correspondant à vos primes n'est pas taxé, mais il est calculé au prorata, pas « en premier ».
Quel rachat partiel puis-je faire sans impôt sur le revenu ?
Après 8 ans, tant que les gains rachetés dans l'année restent sous 4 600 € (9 200 € en couple). Le montant de rachat correspondant se calcule en divisant l'abattement par la part de gains du contrat. Les prélèvements sociaux restent dus.
L'acompte de 7,5 % ou 12,8 % est-il définitif ?
Non. C'est un prélèvement non libératoire retenu par l'assureur. À la déclaration, l'impôt réel est calculé et le surplus éventuel vous est restitué, selon impots.gouv.fr.
Un rachat partiel fait-il perdre l'ancienneté fiscale du contrat ?
Non. Seul un rachat total met fin au contrat. Un rachat partiel laisse l'ancienneté inchangée, ce qui permet de continuer à bénéficier du régime des 8 ans sur les versements suivants.
Sources
- BOFiP, Produits des bons ou contrats de capitalisation et d'assurance vie
- Impots.gouv.fr, Comment sont imposés les produits des contrats d'assurance vie depuis 2018 ?
- Economie.gouv.fr, Quelle est la fiscalité de l'assurance vie ?
- Service-Public, Contributions sociales sur les revenus du patrimoine et de placement
- Service-Public, Impôt sur le revenu : revenus d'un contrat d'assurance vie
